" Miss Dior Chérie l'Eau, by SOFIA COPPOLA "
Pour son premier FILM PUBLICITAIRE, la REALISATRICE américaine nous livre une VISION fantasmée de son Paris à elle. Une échapée intime et impertinente, dans le SILLAGE d'une HEROINE effervescente. Interview.
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- Vous venez de réaliser votre premier film publicitaire. Alors, rude épreuve ou pur plaisir ?
SOFIA COPPOLA : En fait, c'est la première fois que je travaille pour quelqu'un avec un timing aussi serré (trois jours). J'avais peur d'être coincée dans un univers qui n'est pas le mien et que les contraintes brident ma créativité. Finalement, j'ai fait exactement ce que j'avais en tête. Du story-board au casting, en passant par chaque lieu, chaque robe, chaque couleur, j'ai validé tous les détails. John Galliano est même venu sur le tournage, en spectateur, juste pour nous regarder travailler.
- Quelle est, à votre avis, la "Coppola touch" que Dior voulait impulser à ce très "court-métrage" ?
Sans doute ma sensibilité féminine, ma façon d'entrer dans la vie des personnages et de les rendre accessibles, presque intimes. Peut-être aussi une atmosphère girly, un peu impertinente. Avec en trame de fond, mon amour de la France et de Paris.
- L'idée était justement de suivre une fille dans Paris. Qui est-elle ?
Ca pourrait être moi. Une étrangère à Paris qui s'émerveille encore quand elle se promène dans les rues, qui apprécie tout ce que les vrais Parisiens ne voient plus. Son parcours relève du pur fantasme : un essayage couture dans les salons Dior, la Concorde en voiture de sport, une descente gourmande chez Stöhrer, quelques fleurs chez Moulié, pour finir par un baiser à son fiancé. Le rêve, non ?
- Maryna Linchuk, le mannequin, pourrait-elle être l'une de vos héroines ?
Elle a effectivement un petit côté Marie-Antoinette. Pas dans le physique, ni dans l'attitude, mais dans l'état d'esprit. Elle possède une fraîcheur, une spontanéité, un enthousiasme, voire une effervescence contagieuses. Elle a envie de tout essayer, de tout découvrir. Elles sont en fait très connectées...
- "L'émotion, c'est l'émulsion", vous a souvent répété votre père. Quelle émotion se dégage du film ?
Je voulais juste que transparaisse à l'écran le bonheur, le plaisir, la satisfaction d'être une femme, à Paris, aujourd'hui. Le tout, porté par la chanson Moi je joue de Brigitte Bardot. Vous savez combien la musique tient une place importante dans mes films. Et je trouve que celle-ci, diffusée en boucle sur le tournage, donne aux images une vibration énergique et joyeuse, avec une pointe d'irrévérence. Comme celle du parfum...
Source : Vogue.